ChatGPT : 10 réflexes pour éviter les erreurs et garder un esprit critique
Hallucination IA, biais cognitifs, information erronée… Les IA génératives nous épatent autant qu’elles nous piègent. D’une réponse brillante à une réponse totalement à côté de la plaque, il n’y a parfois qu’un pas. Après l’ère des fake news, les contenus générés par IA mettent plus que jamais notre esprit critique à l’épreuve. Bonne nouvelle : cette pensée critique est aussi notre meilleur allié pour travailler intelligemment avec l’IA… et garder la main.
« ChatGPT peut commettre des erreurs. Vérifiez les informations importantes » : cette mention apparaît en tout petit caractère au bas de chaque conversation. On la lit à peine, pourtant elle dit tout. Les IA génératives comme ChatGPT, Gemini, Claude ou Mistral répondent vite et de façon structurée et convaincante… nous donnant un sentiment de maîtrise. À tort ! Car oui, les IA génératives font des erreurs et celles-ci peuvent facilement passer sous nos radars si l’on n’adopte pas une véritable démarche critique.
Les erreurs typiques de ChatGPT et des autres IA conversationnelles
Parmi les erreurs typiques des IA génératives, on retrouve les hallucinations : l’IA invente des faits, des citations ou des chiffres qui semblent crédibles, mais qui sont totalement faux. Les IA génératives peuvent aussi faire des erreurs de contexte. Elles comprennent alors mal la situation ou ce qu’on attend d’elles, notamment si la demande ne précise pas le contexte, l’objectif, la cible, etc. D’autres types d’erreurs peuvent être de l’ordre du raisonnement (raccourcis logiques, contradictions), d’une interprétation erronée des consignes ou de données non à jour. D’ailleurs, la base de connaissances intégrée de ChatGPT s’arrête à août 2025. Celle-ci n’est actualisée que lorsqu’OpenAI publie une nouvelle version du modèle (actuellement GPT-5.2). Pour tout ce qui touche à l’actualité, aux évolutions réglementaires ou aux chiffres récents, l’IA doit passer par la recherche web. Et cela n’est pas toujours automatique ni parfait.
Ajoutons un point essentiel : les IA génératives apprennent à partir de données humaines. Elles reproduisent donc aussi nos biais cognitifs et nos stéréotypes. Par exemple, l’IA peut décrire un dirigeant comme un « leader visionnaire », et une femme à la tête d’une entreprise comme une « collaboratrice engagée ». Ce phénomène est lié au mimétisme statistique : le modèle répète les associations les plus fréquentes dans les textes humains, même lorsqu’elles sont biaisées ou dépassées.
10 réflexes pour interroger ChatGPT avec discernement
ChatGPT est aujourd’hui le modèle d’IA conversationnelle le plus utilisé, mais ces réflexes s’appliquent tout autant aux autres outils : Gemini, Claude, Mistral, Perplexity, Copilot, etc. Quel que soit l’outil, les mêmes mécaniques (forces, limites et biais) sont à l’œuvre.
Ces réflexes sont particulièrement utiles pour les communicants, marketeurs, rédacteurs, professionnels des RP, créateurs de contenu, consultants et plus largement toute personne qui utilise l’IA dans son travail quotidien.
Que vous travailliez au sein d’une PME, d’une agence RP, d’une équipe marketing ou d’une organisation internationale, cette méthodologie vous permet de gagner en efficacité et en contrôle sur les réponses générées par l’IA.
- Donnez un contexte et un objectif clair
Une question générique produit une réponse générique. Pour obtenir une réponse pertinente, structurez votre prompt ChatGPT autour de quatre éléments :
- Le rôle : « Agis en tant que… » → Le rôle guide le ton et l’approche.
Exemples : expert en communication, stratège RP, analyste marketing, copywriter senior, etc. - Le contexte : « Tu travailles pour… » → Sans contexte, l’IA extrapole (et parfois de façon maladroite).
Exemples : secteur, pays (Belgique, Europe), public cible, contraintes. - La tâche : « Ta mission est de… » → La tâche définit le format.
Exemples : structurer un prompt, écrire, analyser, comparer, planifier, reformuler. - L’objectif : « Le but est de… » → L’objectif donne l’intention et la direction.
Exemples informer, convaincre, générer des leads, vulgariser, augmenter la notoriété.
- Posez des questions ouvertes et précises
Une bonne réponse commence par une bonne question. C’est tout l’esprit de ce qu’on appelle l’approche socratique : interroger pour comprendre, creuser pour clarifier.
Avec l’IA, cela consiste à :
- Poser une question à la fois.
- Formuler une question concise.
- Évitez les questions orientées.
- Demander à l’IA de préciser ses hypothèses.
- Demandez des clarifications et des justifications
Pour éviter les erreurs ChatGPT, demandez-lui :
- « Explique ton raisonnement étape par étape. »
- « Sur quelles hypothèses te bases-tu ? »
- « Pourquoi recommandes-tu cela plutôt qu’autre chose ? »
- Distinguez faits, opinions et interprétations
ChatGPT mélange facilement données factuelles, interprétations, opinions et narrations. Demandez-lui explicitement de séparer chaque type d’information :
- « Sépare les faits des opinions. »
- « Que peux-tu prouver avec des sources ? »
- « Quelle partie relève de l’interprétation ? »
- Identifiez les biais et stéréotypes possibles
Biais de confirmation, de disponibilité, d’autorité… L’IA reflète les biais cognitifs humains. Demandez :
- « Quels biais cognitifs pourraient influencer cette réponse ? »
- « Cette réponse reproduit-elle des stéréotypes (genre, origine, âge, métier…) ? »
- « Reformule en visant la neutralité ».
- Vérifiez les sources et l’actualité
Pour éviter la désinformation et renforcer votre discernement et posture critique, vérifiez :
- La date des informations.
- Les sources.
- La fiabilité.
- La cohérence avec des sites officiels.
- Comparez plusieurs réponses
Ne vous arrêtez jamais au premier jet. Une bonne posture critique consiste à :
- Demander un second angle (plus critique, plus nuancé, plus concis…).
- Reformuler la question pour tester la robustesse des réponses.
- Comparer avec d’autres modèles (Gemini, Mistral, Claude…).
- Vérifier la cohérence globale.
- Reformulez pour tester la cohérence
Demandez à l’IA de reformuler sa propre réponse. Par exemple :
- « Résume en 5 points clés. »
- « Reformule pour un public non expert. »
- « Simplifie sans dénaturer. »
Si la reformulation contredit la réponse originale, c’est mauvais signe.
- Activez votre propre jugement
L’IA ne connaît ni votre contexte, ni vos enjeux, ni vos responsabilités.
Avant d’utiliser une réponse telle quelle, demandez-vous :
- « Si un.e collègue humain.e m’avait écrit cela, est-ce que je le validerais ? »
- « Est-ce que je comprends vraiment ce que je m’apprête à diffuser ? »
- « Qu’est-ce qui sonne approximatif ou trop lisse ? »
- Sollicitez des regards humains
L’IA simplifie, éclaire, structure une grande partie du travail, mais ne remplace pas la vigilance humaine. L’avis d’une tierce personne reste indispensable pour tout ce qui touche au sens, à la nuance, au ton et à l’impact d’un message. Dans la communication, les relations presse, le marketing, le service client ou les équipes commerciales, un regard extérieur permet de détecter ce que l’IA ne voit pas : un sous-entendu maladroit, un risque de réputation, un angle approximatif ou un choix de mots inapproprié. S’entourer de collègues, d’experts ou de pairs permet d’affiner le message, de le contextualiser et de s’assurer qu’il serve réellement vos objectifs, avec justesse, cohérence et responsabilité.


