Les Restos du Cœur se battent pour la reconquête des droits sociaux des plus démunis

par Luna
Resto du Cœur

Communiqué de presse

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Les Restos du Cœur se battent pour la reconquête
des droits sociaux des plus démunis

Les Restos du Cœur:

  • sont favorables à une allocation supplémentaire octroyée directement aux bénéficiaires via le CPAS;
  • s’opposent à un système étendu des chèques alimentaires, qui coûterait plus de 20 millions d’euros à l’Etat.

Fernelmont, le 17 juin 2020 – Les Restos du Cœur de Belgique, piliers de l’aide alimentaire sur l’ensemble du territoire, plaident pour un modèle visant à enrayer la pauvreté grâce à une approche globale et des moyens adaptés. Ils sont favorables à une allocation supplémentaire octroyée directement aux bénéficiaires via le CPAS. Mais ils s’opposent à un système étendu de chèques alimentaires, trop coûteux pour l’Etat et portant atteinte à la dignité des bénéficiaires.

Dans le cadre de leur rôle sociétal et forts d’une expérience de près de 35 ans, les Restos du Cœur de Belgique mènent une réflexion continue afin d’améliorer le système de l’aide alimentaire. Ces derniers mois, les Restos se sont concentrés sur l’élaboration d’une proposition concrète de lutte contre la pauvreté pour faire face aux nombreux défis actuels du secteur. En effet, la fréquentation des Restos connait actuellement une hausse variant entre 30% et plus de 200%.

La proposition concrète des Restos pour optimiser l’aide alimentaire en Belgique

Ces mois de réflexion ont abouti à un constat: la nécessité d’une remise en question de l’ensemble du système, l’aide alimentaire constituant un pan indispensable mais pas unique de la lutte contre la pauvreté.

Les Restos plaident au niveau national en faveur d’un modèle qui vise à enrayer la pauvreté à la racine. Ce modèle nécessite une approche globale et des moyens adaptés.

Les Restos du Cœur proposent:

  • une union des principales fédérations actives dans le secteur de l’aide alimentaire, initiée par les autorités. L’objectif est de réduire le morcellement de l’aide, qui crée des disparités parfois très importantes entre les régions et d’une commune à l’autre.
  • une collaboration renforcée des acteurs du secteur avec les CPAS, premier levier local de l’aide aux plus démunis.
  • l’ouverture des débats et la participation aux décisions des acteurs de terrain expérimentés tant au niveau national que local.
  • d’offrir le choix de l’aide alimentaire aux bénéficiaires. Ils doivent pouvoir choisir selon leur convictions et dans la dignité, leur point d’approvisionnement, le type de marchandise et le mode de paiement. Les Restos sont prêts à diversifier les modes de paiement mis à disposition des bénéficiaires si la nécessité le démontre.
  • de permettre aux bénéficiaires de sortir de la précarité sans entrer dans une boucle de dépendance vis-à-vis de certaines associations d’aide.
  • un accompagnement différencié afin d’élaborer des solutions à court, moyen et long terme.
  • une allocation supplémentaire octroyée aux bénéficiaires par le gouvernement via une enveloppe gérée par les CPAS à hauteur de 300 euros minimum par ménage disponibles dès cet hiver. Le bénéficiaire peut dépenser cette allocation dans l’anonymat et à sa meilleure convenance.

Par ailleurs, selon les Restos du Cœur, l’aide alimentaire doit atteindre plusieurs objectifs, dans le respect de tous:

  • proposer une aide qualitative et sans jugement. Il s’agit de garantir l’équilibre et la qualité nutritive tout en créant des lieux d’accueil chaleureux et humains. Investir dans des formations pour les bénévoles en vue de les conscientiser aux problématiques liées à la lutte contre la pauvreté y contribuera certainement.
  • placer le bénéficiaire au centre du processus d’aide alimentaire. Cela implique un travail solidaire, en réseau, avec les autres associations du secteur et les entités publiques.
  • reconnaitre les bénéficiaires comme des ‘clients’ autonomes. L’aide alimentaire doit permettre de les accompagner vers l’autonomie.
  • proposer une aide alimentaire digne et dans le respect réciproque du bénévole et du bénéficiaire sans induire un rapport hiérarchique entre ces personnes.
  • dans un souci d’équité, l’aide doit être adaptée aux besoins des bénéficiaires. Les besoins varient notamment en fonction de la composition du ménage et des raisons qui ont conduit à la demande d’aide. Un(e) sans-abri, un homme seul, une femme avec des enfants à charge, un(e) étudiant(e) ou un(e) pensionné(e), ou encore une personne qui vient de perdre son emploi ont des besoins dont la durée, l’ampleur et la régularité varient.
  • tisser des liens de solidarité entre les donateurs et les bénéficiaires, entre la société et les personnes qui en sont exclues. Des associations comme les Restos du Cœur ont un rôle crucial à jouer à ce niveau.

Ces propositions de solutions sont difficilement compatibles avec le système des chèques alimentaires. Selon la Fédération des Restos du Cœur de Belgique, ce modèle présente des failles importantes. Le système des bons est coûteux et ne répond pas aux besoins de tous les bénéficiaires. Il crée un risque d’instrumentaliser la pauvreté et de ne pas respecter la dignité des bénéficiaires.

Le système non généralisable des chèques alimentaires

Via le système des chèques alimentaires, système comparable aux chèques-repas électroniques, le bénéficiaire recevrait un montant versé sur une carte personnalisée, à dépenser pour l’achat de certains produits, dans certains points de distribution d’aide équipés.

Pour répondre à la demande accrue d’aide, la généralisation de ce système à l’ensemble du territoire, coûterait plus de 20 millions d’euros au gouvernement sans pour autant répondre aux besoins de tous les bénéficiaires. Ce modèle a en effet été pensé pour des territoires reculés où l’aide n’est pas présente ou difficilement accessible. Bref, où les bénéficiaires n’ont pas d’autres solutions. Mais, il perd son sens dans des régions où l’aide est développée, comme à Bruxelles par exemple. Dans les zones reculées, il existe en outre des solutions alternatives telles que l’acheminement de l’aide via foodtruck comme le font déjà les Restos.

La Fédération belge des Restos du Coeur craint aussi qu’avec cette manière de travailler la pauvreté soit ‘utilisée’ au profit de certaines organisations d’aide alimentaire.

Les Restos du Cœur, pour leur part, ne souhaitent pas favoriser la dépendance des bénéficiaires vis-à-vis de certains travailleurs sociaux.

Jean-Gérard Closset, Président de la Fédération des Restos du Cœur de Belgique, déclare: «Les objectifs de lobbying de certains acteurs du secteur ne peuvent mettre à mal l’éthique du système de l’aide alimentaire, ni porter atteinte à la dignité des bénéficiaires pour une question de rentabilité. Un bénéficiaire doit pouvoir choisir son type d’aide alimentaire et son alimentation, de rester anonyme ou encore de choisir son mode de paiement

«Nous demandons une participation financière symbolique aux bénéficiaires, d’un euro en moyenne, pour un repas. Ils passent ainsi du statut de «bénéficiaire» à celui de «client». Ils ne sont pas obligés de dire merci. Ils peuvent ne pas aimer ce qui est servi et l’exprimer. Ils sont libres aussi de payer plus ou moins pour leur alimentation, par exemple pour payer une facture scolaire ou le loyer.» poursuit-il.

À l’heure actuelle, les Restos du Cœur disposent de 27 points de distribution dans toute la Belgique. Les bénéficiaires peuvent y obtenir non seulement des repas chauds mais également des vêtements, un accompagnement social, un logement et une aide à l’éducation ainsi que des soins de santé. L’offre en ‘take away’ a permis, en cette période de coronavirus, un accueil plus serein des demandes sans rupture d’approvisionnement.

Contrairement à d’autres associations ou fédérations (qui ont, par ailleurs, réduit la voilure pendant la crise) la Fédération des Restos du Cœur n’a bénéficié d’aucune aide publique pendant cette crise.

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À propos de la Fédération des Restos du Cœur de Belgique

Créée en 1991, la Fédération des Restos du Cœur de Belgique est une association sans but lucratif qui offre un ensemble de services destinés à lutter contre l’exclusion : aide alimentaire, à l’éducation, au logement, aux soins de santé et des espaces parent(s)/bébé(s).

La Fédération des Restos du Cœur de Belgique regroupe, aujourd’hui, 17 Restos: 12 en Wallonie (Arlon, Charleroi, Gembloux, La Louvière, Liège, Marche, Mons, Mouscron, Namur, Quiévrain, Verviers, Wavre), 3 en Flandre (Assenede, Oostende, Tienen), 2 à Bruxelles (Saint-Gilles et Laeken) et 4 antennes, réparties sur tout le territoire belge. Un Foodtruck délivre des colis complets aux endroits reculés de Belgique où l’aide alimentaire est quasi inexistante.

La Fédération se compose d’une équipe de 80 salariés et de 600 bénévoles.

Les dons financiers peuvent être versés sur le compte courant suivant: BE44 2400 3333 3345.

Pour de plus amples informations : www.restosducoeur.be/fr

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