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Communiqué de presse

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Jusqu’à 48 % d’augmentation des distributions alimentaires dans certains Restos du Cœur

Les Restos du Cœur de Quiévrain, Aarschot, Mons et Tirlemont sous forte pression face à la demande très élevée et au manque de produits riches en protéines

Fernelmont, Bruxelles, le 15 octobre 2026 – À l’approche de la Journée mondiale du refus de la misère du 17 octobre, la Fédération des Restos du Cœur de Belgique, pilier de l’aide alimentaire sur l’ensemble du territoire belge, tire la sonnette d’alarme. Plusieurs Restos du Cœur enregistrent des augmentations particulièrement préoccupantes de leurs distributions alimentaires. Entre janvier et août 2026, le nombre de repas et de colis alimentaires distribués a ainsi progressé de 48,4 % à Quiévrain, de 26,3 % à Aarschot, de 17,3 % à Mons et de 10,5 % à Tirlemont, par rapport à la même période en 2025. Dans le même temps, les marchandises reçues gratuitement se raréfient, particulièrement les produits riches en protéines. Pour maintenir ses distributions, la Fédération a dû doubler son budget consacré à l’achat de viande, de poisson et d’alternatives végétales protéinées. 

À l’occasion de la Journée mondiale du refus de la misère, la Fédération des Restos du Cœur de Belgique appelle l’ensemble de la société à soutenir les acteurs de l’aide alimentaire afin de préserver leur capacité d’action.

« L’aide alimentaire constitue un dernier recours pour celles et ceux qui ne parviennent plus à faire face aux dépenses essentielles. Fragiliser les structures qui la rendent possible, c’est mettre en péril un soutien fondamental pour des milliers de personnes. La lutte contre la précarité ne peut reposer sur des associations dont la survie est elle-même menacée », déclare Frank Duval, président de la Fédération des Restos du Cœur de Belgique.

Quand les associations qui luttent contre la précarité deviennent elles-mêmes précaires

Sur le terrain, les Restos du Cœur continuent de répondre à des besoins considérables. Si les volumes de distributions sont élevés, certaines situations locales sont particulièrement préoccupantes. Les difficultés rencontrées par les Restos du Cœur sont loin d’être isolées. Une enquête publiée en juin 2026 par la Fédération des Services Sociaux auprès de 120 services d’aide alimentaire actifs en Wallonie et à Bruxelles révèle que 73 % des structures interrogées ont constaté une augmentation des demandes au début de l’année. Dans le même temps, près de la moitié des organisations déclarent avoir été contraintes de diminuer les quantités distribuées ou de puiser dans leurs réserves financières pour poursuivre leurs activités.

Faute de ressources suffisantes, certaines pourraient être contraintes de réduire leurs distributions, de limiter leurs services, voire de fermer leurs portes. Avec des conséquences directes pour les milliers de bénéficiaires qui dépendent de leur soutien.

« Nous faisons face à un paradoxe extrêmement préoccupant : les besoins restent considérables, mais les marchandises et les moyens financiers pour y répondre diminuent. Aujourd’hui, nous devons continuer à aider des milliers de personnes, tout en ayant nous-mêmes de plus en plus de difficultés à maintenir nos activités. Et cette situation dépasse largement les Restos du Cœur. Si nous n’avons plus les moyens de fonctionner, qui viendra en aide à toutes ces personnes ? », alerte Frank Duval.

En dix ans, deux fois plus de personnes ont recours à l’aide alimentaire en Belgique

Cette pression croissante sur les organisations d’aide alimentaire s’inscrit dans un contexte plus large de progression de la précarité en Belgique.

Selon une étude publiée en 2026 par la Fédération des Services Sociaux (FdSS), près de 561.000 personnes ont recours à l’aide alimentaire au moins une fois par an en Belgique, un chiffre qui a doublé en dix ans. Les derniers chiffres de Statbel confirment également l’ampleur de la précarité : en 2025, 16,5 % de la population belge, soit plus de 1,9 million de personnes, étaient exposées au risque de pauvreté ou d’exclusion sociale.

Derrière ces chiffres se trouvent des familles monoparentales, des travailleurs précaires, des étudiants, des personnes isolées ou encore des pensionnés qui ne parviennent plus à couvrir l’ensemble de leurs dépenses essentielles. Une réalité qui rappelle que la précarité alimentaire reste durablement installée en Belgique.

La baisse des dons contraint les Restos du Cœur à acheter davantage sur fonds propres

Cette situation est d’autant plus difficile que les acteurs de l’aide alimentaire doivent composer avec une baisse des dons gratuits et des financements publics.

Les Restos du Cœur constatent une diminution des marchandises reçues gratuitement, notamment des produits apportant des protéines, indispensables à une alimentation équilibrée. Pour maintenir des repas et colis alimentaires suffisamment diversifiés, les associations doivent compenser ces manques par des achats supplémentaires, qui pèsent directement sur leurs finances. À titre d’exemple, la Fédération a dû doubler son budget consacré à l’achat d’aliments riches en protéines, passant de 67 000 € en 2025 à 134 000 € en 2026.

À cette difficulté s’ajoute la réduction des financements publics. En 2026, le budget fédéral consacré à l’achat de produits alimentaires essentiels est passé de 27 à 15 millions d’euros, soit une diminution de plus de 44 %. Les structures d’aide alimentaire doivent ainsi continuer à répondre à une demande importante, tout en disposant de moins de ressources pour y parvenir.

Sources :

  • Fédération des Restos du Cœur de Belgique, statistiques internes, janvier à août 2025 et 2026.
  • Fédération des Services Sociaux, Les chiffres de l’aide alimentaire – Étude quantitative 2026.
  • Fédération des Services Sociaux, Aide alimentaire : une nouvelle enquête de terrain alerte sur une dégradation rapide début 2026, juin 2026.
  • Statbel, enquête EU-SILC 2025, publiée le 5 février 2026.
  • Fédération des Services Sociaux, données relatives au budget fédéral consacré à l’aide alimentaire, 2025-2026.

À l’attention de la rédaction

Pour toute publication, nous vous saurions gré d’utiliser le logo de la Fédération des Restos du Cœur de Belgique (et non le logo français dont l’usage par la Fédération n’est pas autorisé en Belgique).                                                

Pour toute information complémentaire ou pour organiser une interview avec les Restos du Cœur, veuillez contacter Isabelle Schmit chez Luna: isabelle@luna.be, +32 495 59 38 06.


À propos de la Fédération des Restos du Cœur de Belgique 

Créée en 1991, la Fédération des Restos du Cœur de Belgique est une association sans but lucratif qui offre un ensemble de services destinés à lutter contre l’exclusion : aide alimentaire, à l’éducation, au logement, aux soins de santé et des espaces parent(s)/bébé(s).

La Fédération des Restos du Cœur de Belgique regroupe aujourd’hui 21 Restos du Cœur : 14 en Wallonie (Arlon, Charleroi, Gembloux, La Louvière, Liège, Marche, Mariembourg, Mons, Mouscron, Namur, Quiévrain-Honnelles, Val de Sambre, Verviers, Wavre), 4 en Flandre (Aarschot, Assenede, Ostende, Tirlemont), 3 à Bruxelles (Saint-Gilles, Laeken et le Resto du Cœur Mobile Bruxelles).

Les Restos du Cœur de Belgique se composent d’une équipe d’une centaine de salariés et de près de 500 bénévoles. Pour de plus amples informations : www.restosducoeur.be